UNIVERSITE DU PRINTEMPS DU RAPPECAN

Photo groupe

INTRODUCTION

L’Université du printemps du RAPPECAN organisé à Dakar du 12 au 15 avril 2011 à la résidence « Awa Plazza » de Dakar par le Réseau Africain pour la prévention et la Protection des Enfants Contre l’Abus et la Négligence (RAPPECAN) avec l’appui financier de la Fondation Rosa Luxemburg. L’activité a réuni vingt cinq participants (25) de dix neuf (18) organisations de promotion et de protection des droits de l’enfant (cf. annexe).
Cette Université entre dans le cadre du renforcement des capacités des jeunes militants et professionnelles des droits de l’enfant et particulièrement sur la participation des enfants dans la mise en œuvre des programmes développés par les organisations.
Le concept de la participation et de la citoyenneté défie les acteurs divers dans le champ d’action au bénéfice de l’enfance : enseignants, éducateurs, travailleurs sociaux,… Ils ne pourront réaliser des progrès qu’à la condition de ne pas seulement agir au bénéfice des enfants, mais de les impliquer directement. L’essence de la participation exige que l’enfant n’en soit pas un objet passif, mais un acteur conscient, responsable et engagé.
Ainsi l’Université du Printemps du RAPPECAN avait pour objectifs :
• Renforcer les capacités de 25 jeunes leaders des organisations de protection des droits de l’enfant dans les concepts de la « participation des enfants » pour leur permettre d’être des acteurs dans la proposition de solution.
• Favoriser l’intégration dans les programmes des organisations des activités de participation des enfants aux processus de décision.
• Mise en place de réseaux thématiques de partage et d’échange d’expérience sur les initiatives de jeunes en matière de participation des enfants.
Le RAPPECAN Sénégal remercie tout ce qui a permis la concrétisation de l’Université. Spécialement la Fondation ROSA LUXEMBURG pour son appui financier et matériel et moral, l’UNICEF et ses partenaires (EDEN, MEJT et ENDA JEUNESSE ACTION) pour leur appui dans la préparation scientifique et la documentation, le facilitateur. Merci aussi à tous les participants pour leur engagement et leur disponibilité.
II. DÉROULEMENT DES TRAVAUX :
L’Université du Printemps du RAPPECAN s’est ouverte le mardi 12 Avril 2011 à la résidence « Awa Plazza » à Dakar.
Cette formation, la première du RAPPECAN, a réuni 25 participants, venant 19 organisations de promotion des droits de l’enfant.
La première journée des travaux comme indiqué dans le programme joint en annexe, comprenait deux grandes parties : la cérémonie d’ouverture et les communications thématiques

1ème Journée

a. Cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Monsieur Amacodou DIOUF Président du RAPPECAN.
M. Ibrahima THIAM représentant de la Fondation Rosa Luxemburg a pris la parole pour une brève présentation de son organisation.
La Fondation Rosa Luxemburg est une fondation politique allemande proche du parti politique de gauche DIE LINKE. Elle a inauguré son bureau régional de l’Afrique de l’Ouest situé à Dakar en janvier 2010. Cependant la Fondation a initié dès 2008 des projets dans les pays de la sous région à savoir : au Sénégal, au Mali, au Nigeria et au Ghana.
L’objectif central des activités internationales de la Fondation Rosa Luxemburg est d’œuvrer en faveur de la justice sociale et de la démocratie participative ainsi que de renforcer l’éducation et la communication civique et politique. M. THIAM s’est félicité de la thématique de l’Université qui entre en droite ligne dans les objectifs de la Fondation à savoir la participation citoyenne.
M. THIAM est aussi revenu sur les liens qui ont toujours existé entre la Fondation Rosa Luxemburg et le Président du RAPPECAN M. Amacodou DIOUF notamment les actions réalisées avec l’ONG AHDIS dont il est aussi le président dans le domaine de la santé communautaire.
Prenant la parole à la suite de M. THIAM, M. Amacodou DIOUF a d’abord remercié la Fondation Rosa Luxemburg pour son appui financier et logistique. Il a aussi remercié la Fondation pour ses réalisations en matière d’appui aux initiatives pour l’accès démocratique aux services sociaux de base. A la suite de cela M. DIOUF a fait une petite genèse du RAPPECAN. En effet, le RAPPECAN est a été crée en 1986 au Nigéria lors de la conférence africaine sur les abus faites aux enfants et la négligence. Son siège se trouve au Kenya et compte aujourd’hui dans une vingtaine de pays en Afrique.
Selon le président le RAPPECAN se veut un réseau qui vient renforcer l’existant car des grandes réalisations ont été faites par la l’Etat et la société civile sénégalaise.
Abordant l’université, il a souhaité que ce soit que les participants acquièrent des bases théoriques sur la participation des enfants afin de leur donner une résonnance pratique. Cette université devrait être selon lui une université d’engagement sur la participation des enfants dans les processus décisionnels. Il a aussi exhorté les participants à constituer un réseau informel ou non après l’université afin de pouvoir partager et échanger des expériences. Cette première édition doit avoir une forte tonalité afin d’être un tremplin pour les éditions à venir.

b. Attentes des participants

Les attentes des participants se résument à :
• Avoir des connaissances et expériences pour être outillé dans les activités de nos organisations
• Des connaissances sur les droits des enfants (Seuil de jouissance des droits pour les enfants)
• Réseautage entre membres après l’Université

c. 1ère communication

Thème : Citoyenneté et participation des enfants : définition des concepts

Mame ngor

La communication sur le thème a été faite par M. Mame Ngor DIOUF magistrat de profession et Président de l’Association EDEN.
Il a commencé sa communication par une définition des concepts de participation et de citoyenneté.
Ainsi le citoyen est un individu sous l’autorité de l’Etat avec des droits et des devoirs.
photo salle
La participation elle a plusieurs dimensions :

• Dimension civique
• Dimension politique (voter, être éligible,…)
• Dimension socioéconomique (jouissance de droits économiques, sociaux et syndicaux,…)

Tous ces éléments trouvent leurs sources dans les textes de lois nationaux et internationaux.
La participation renvoie à l’essence de la démocratie : le gouvernement d’un peuple, par le peuple et pour le peuple. C’est-à-dire une participation active. Ces éléments se trouvent dans les textes de loi tant nationaux qu’internationaux.

Rappel Historique
Le présentateur a fait un rappel historique en commençant par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui n’a pas de force obligatoire mais c’est un pacte à valeur contraignante. C’est juste une déclaration de principes et non une Convention. Elle a donc surtout une valeur symbolique. En effet, les disparités culturelles entre les Etats ainsi que le décalage existant entre le nord et le sud rendaient difficilement réalisables le consensus nécessaire à l’adoption d’une véritable législation internationale.
Nous pouvons alors prendre les exemples suivants :
« Article 1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »
« Article 10 : Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. »
« Article 18 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »
C’est ainsi qu’en 1951, l’Assemblée demandait à la Commission de rédiger deux Pactes, aux dispositions similaires, l’un portant sur les droits civils et politiques, l’autre sur les droits économiques, sociaux et culturels. Il faudra encore une quinzaine d’années pour que, l’examen des projets de pacte terminé, ceux-ci, accompagnés d’un 1er protocole facultatif, soient adoptés le 16 décembre 1966. Ce n’est qu’en 1976, soit 28 ans après l’adoption de la Déclaration, que la Charte internationale des droits de l’homme devint réalité avec l’entrée en vigueur des deux Pactes et du protocole adoptés en 1966. (35 Etats ayant adhéré aux 2 Pactes).
• Le Pacte international des droits civils et politiques
• Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels
Au niveau africain il y a la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples adoptée le 27 juin 1981 à Nairobi, Kenya, lors de la 18e Conférence de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Entrée en vigueur le 21 octobre 1986, après ratification de la Charte par 25 Etats. Celui-ci reprend les grandes lignes des textes antérieurs en y affirmant la nécessité de tenir compte “des traditions historiques et des valeurs de la civilisation africaine” dans la conception des droits de l’homme
Nous constatons alors les textes prennent en compte l’Homme dans son ensemble sans distinction de race, de sexe et d’âge. Cependant dans la pratique nous constatons que les enfants sont les principales victimes. D’où la nécessité d’une protection spéciale. C’est ainsi qu’est né la nécessité d’une protection spécifique à l’enfant avec la convention relative aux droits de l’Enfant du 20 novembre 1989. La charte positionne alors l’enfant comme un sujet de droit.
Cette convention pour avoir un consensus désigne comme enfant toute personne de moins de 18 ans. Ceci à cause des divergences d’opinion quant au moment de la conception de l’enfant (religieuses et scientifiques).
L’enfant est ici titulaire de tous les droits et l’Etat est responsable de la mise en œuvre des droits de l’enfant.
La convention intervient dans trois axes : la Prestation, la Protection, la Participation.
Les mécanismes de suivi de la convention : le comité de mise en œuvre qui travaille sur la base de quatre principes fondamentaux :
• Participation (art. 12)
• Non discrimination (art. 4)
• Instruction de l’enfant (art. 3)
• Vie, survie et développement. (art. 6)

La participation comme processus
La participation des enfants est la voix privilégiée pour l’apprentissage de la citoyenneté. Cependant la participation ne se décrète pas. C’est un processus ou l’enfant est au cœur. L’exemple du parlement des enfants est illustratif à plus d’un titre. Le parlement se présente des fois comme un instrument des adultes pour montrer que les enfants sont impliqués dans les processus de décision.
La participation comme défis
Il y a des contraintes socioculturelles qui ne favorisent pas la participation des enfants. (Les enfants n’interviennent pas dans les débats des adultes, l’enfant bien éduqué c’est celui qui dit toujours oui à ses parents,…) C’est aussi un enjeu pour la démocratie et les gouvernements. De même de plus en plus les bailleurs sont très regardant quand à la participation des enfants dans le processus d’élaboration des programmes et projets et la qualité de la participation (en amont, pendant et en aval). C’est aussi un défis pratique car il faut à chaque fois se demander comment mais aussi utiliser les outils adaptés.
Proposition pour améliorer la participation
• Les recherches sur la participation :
-Favoriser un environnement de participation des enfants.
-Mettre en place des mécanismes de participation des enfants
-Renforcer les capacités des acteurs (former les enfants sur la participation, former les encadreurs des enfants,…)
• Responsabiliser les enfants
-Partage des rôles dans les organisations
-Accompagnement des adultes
• Promotion de cadre de participation des enfants
• Respect des principes éthiques et déontologiques par les adultes.
Exemples pratiques :
Le parlement des enfants en léthargie à renouveler et institutionnaliser et intégrer un éventail représentatif des enfants du Sénégal.
Suite à la présentation de M. Mame Ngor DIOUF, il a été ouvert un débat ou les participants ont pu exprimer leurs opinions mais aussi des questions concernant le thème abordé.

d. 2ème Communication

« L’UNICEF et la Participation des Enfants »

Par Mlles Racky NIANG et Khoudia DIOP Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs

Pour cette présentation il a été demandé à l’UNICEF avec ses partenaires de présenter un exemple de participation active des enfants. C’est ainsi que le partenaire choisi est le Mouvement des Enfants et Jeunes Travailleurs (MEJT). Ainsi la Président du mouvement au Sénégal et la présidente du MEJT de la Région de Dakar (Mlles Khoudia DIOP et Racky NIANG) ont fait une présentation des activités du mouvement. Par cette présentation nous avons voulu montrer que des enfants responsabilisés peuvent donner leur avis dans des sujets les concernant. Le MEJT structure d’enfant a pu mettre en place un réseau d’enfants responsabilisés et actifs.
MAJT
Le Mouvement des Enfants et Jeunes Travailleurs (MEJT) est une association créée en 1996 et reconnue juridiquement en septembre 2007. Elle est membres du MAEJT (Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs) constitué de 64 associations établies dans 20 pays africains.
Elle regroupe en son sein comme son nom l’indique des enfants et jeunes travailleurs (employés de maison, travailleurs indépendants, apprentis de petits métiers, cireurs de chaussure, laveurs de voiture…).
Elle a pour mission l’amélioration des condition de vie et de travail de ses membres et des autres enfants en situation difficile à travers la concrétisation des 12 droits des EJT définis à Bouaké en Côte d’ivoire en 1994.
Les enfants sont à la base de toute l’organisation du MAEJT accompagnés par les enfants.
Les groupes de base d’une même ville se constituent en Association d’EJT (AEJT) de la localité. Dans un même pays, plusieurs AEJT existent souvent. Elles se constituent en Association Nationale, ou en Coordination Nationale des AEJT. Ces associations ou coordinations, élisent à l’occasion de la Rencontre Africaine (qui se tient une fois tous les deux ans) un ou un délégué, de moins de 18 ans, qui les représentera à la Commission Régionale du MAEJT. Cette Commission Régionale se réunit une fois par an.

Groupes de base –> Association d’EJT –>
Association Nationale ou Coordination Nationale des AEJT
–>Délégué pour Commission Régionale du MAEJT

Parmi les actions réalisées par le MEJT nous avons noté entre autres :
- L’appui technique aux commissions régionales et locales.
- La promotion des droits par le plaidoyer et la sensibilisation avec l’aide des partenaires démarchés par les enfants eux même avec des projets qu’ils ont eux même conçu sur la base des besoins des enfants de la structure.
- Projet de Lutte contre le Trafic des Enfants
- Les activités génératrices des revenus (AGR) pour les enfants en rupture scolaire. Cependant le MEJT favorise le retour à la scolarisation des enfants en âge d’aller à l’école. L’alphabétisation des enfants ayant dépassé l’âge d’entrer à l’école formelle.

2ème Journée
ndao
e. 3ème Communication
« Thème : Enfants et Média »

Par Mamadou NDAO Coordonnateur MEDIADEV AFRICA

Le présentateur de ce module M. Mamadou NDAO Coordonnateur de l’ONG MEDIA DEV AFRICA a commencé sont exposé par la question de savoir quelle information pour les enfants ? En effet le constat que les enfants ne sont pas assez outillés pour avoir une lecture critique des flux d’information. Il faudrait alors une information adapté à l’enfant et qui répond à ses besoins et aspirations. Malheureusement le paysage médiatique aborde l’information sur les enfants que dans un cadre caricaturale (enfants violés, enfants voleurs, enfants enlevés,…). L’enfant n’est pas valorisé comme un homme pouvant participer à la bonne marche de la société.
D’un autre côté l’enfant n’étant pas pour la plupart client premier de l’information il est relégué au second plan. Ainsi l’information dans la forme à laquelle elle est véhiculée n’est pas adaptée à l’enfant. Cependant quelques succès stories ont été observés comme l’illustrent les projets suivants :

• Projet éducation à l’usage critique des médias au Sénégal : ce projet est sorti du constat que les médias à un moment se sont focalisés sur les problèmes de mœurs dans les lycées et collèges (sexualité dans les lycées mixtes, homosexualité dans les lycées de jeunes filles,…). Les élèves qui ont analysés ceci comme un acharnement s’en sont pris à des journalistes. C’est ainsi que le projet a réuni dans trois lycées de Dakar des journalistes, des professeurs et des élèves pour que chaque partie puisse comprendre le préjudice causé aux enfants par la stigmatisation de leur lycée et redresser la lecture de la presse chez les enfants.

• Projet jeunes lecteurs « passeport » : l’objectif du projet était de faire ressortir les centres d’intérêt des enfants parmi les sujets traités par les journaux.

• La journée internationale de radio et de la télévision pour les enfants : cette journée permet aux enfants de s’initié à la presse entièrement faite par et pour les enfants.

Ainsi il ressort que pour que l’enfant se retrouve dans la presse il faut respecter le droit de communiquer des enfants dans une presse qui est adapté à leur niveau. L’enjeu est ici de valoriser l’enfant par sa prise de parole (ne pas téléguider la prise de parole des enfants). « Ne pas faire des enfants qui parlent des paroles d’adultes » mais laisser les enfants parler aux enfants et aux adultes avec ses paroles.
A travers les médias classiques par l’augmentation des émissions interactives et informatives destinées aux enfants.

f. Réseautage

L’activité de réseautage consiste à faire découvrir à chaque participant les organisations présentent à l’Université et voir ensemble les pistes de partenariat possibles.
TDG
La première activité de réseautage est la présentation des organisations participantes. Ceci pour que les participants découvrent les actions des organisations présentes mais aussi de voir les connections qu’il serait possible de faire entre les participants de manière globale mais entre structures. (Cf. Liste des organisations participantes)
La synthèse des travaux de groupe sont les suivantes :

g. Travaux de groupe 1

Après la présentation des participants, ils ont été répartis en groupes pour travailler pour un exercice de conception de plan d’action sur les points suivants : Prestation, Participation, Protection ou les 3P de la convention.
Sous cette expression des trois “P”, on désigne les droits énoncés dans la Convention liés à :
1- la protection (qui fait référence au respect de l’intégrité physique),
2- certaines prestations (le droit de l’enfant à bénéficier par exemple de soins, d’éducation ou de sécurité sociale)
3- les droits dits de participation (le droit de l’enfant à faire quelque chose, d’agir lui-même, dans la mesure de ses moyens, et de participer aux décisions qui concernent sa vie. On s’attache ici aux libertés de penser (art. 14), d’expression (art. 12), d’information (art. 13), d’association (art. 15).)

h. 4ème Communication

Thème : « Mouvements associatifs infantiles et juvéniles : un premier exercice de démocratie participative »

Par Célestin Marie TINE Directeur de l’éducation Populaire

M. TINE dans sa présentation à introduit par une définition de l’éducation populaire qui se résume par toutes les activités menées pour l’épanouissement de l’enfant et du jeune. Et pour avoir une idée du niveau de participation des enfants dans les différentes structures a demandé la question suivante : « Qui prend les décisions dans nos structures et quelle est la place de l’enfant dans les actions de nos structures ? » cette question à permis une remise en question de l’organisation même des organisations car pour la plupart du temps les enfants ne sont pas représentés dans les instances de décisions et de conception des programmes.
Revenant sur l’histoire du mouvement associatif Sénégalais il dira que ces mouvements le plus souvent datent des indépendances ou parfois même bien au-delà. Ils sont nés certes de la volonté politique des dirigeants du pays, mais force est de reconnaitre aujourd’hui qu’ils ont fini de convaincre de leur rôle capital dans l’épanouissement et l’éducation de l’enfance et de la jeunesse Sénégalaise.
S’appuyant sur les textes de loi il montrera comment l’Etat du Sénégal respecte les libertés individuelles et l’inscrit même dans sa constitution. Exemple :
Article 8
La République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, …. Ces libertés et droits sont notamment : – Les libertés civiles et politiques : liberté d’opinion, liberté d’expression, liberté de la presse, liberté d’association, liberté de réunion, liberté de déplacement, liberté de manifestation,
Article 12 Tous les citoyens ont le droit de constituer librement des associations, des groupements économiques, culturels et sociaux ainsi que des sociétés, sous réserve de se conformer aux formalités édictées par les lois et règlements.
A la suite ce cette introduction il abordera le point suivant qu’est l’importance des associations en charges des enfants et des jeunes. Les associations constituent des cercles de discussion, d’échanges d’information et de négociation. Ces associations sont sensées constituer des agents de socialisation. Elles faciliteraient la cohésion et l’articulation des groupes au sein de la société et elles favoriseraient des individus avec les groupes et la société globale. Elles sont des lieux par excellence de façonnement du caractère et de la personnalité. Elles offrent à l’homme politique futur, le moyen d’apprendre la conduite des hommes et la gestion des choses avant l’heure.
En définitive pour conclure il ne s’agit pas de faire des enfants des adultes en miniature en leur faisant faire des activités d’adulte mais de les accompagner dans un processus d’apprentissage de la participation à la vie de la communauté.

i. 5ème Communication

Thème : « L’école une communauté d’apprentissage de la démocratie participative »

Par Baye DIONGUE Chargé de Programme à la COSYDEP

Monsieur DIONGUE a axé son exposé sur deux points : la mission de l’école et l’apprentissage de la démocratie à l’école. Ainsi l’école a un grand défi: la « construction d’une personne, libre et autonome, consciente de ses droits et obligations dans une société où le pouvoir d’énoncer les règles de vie commune où la désignation et le contrôle de ceux qui exercent le pouvoir sont sous la responsabilité de tous les citoyens. » L’apprentissage de la participation à l’école c’est savoir déléguer et représenter avoir la capacité de vivre ensemble (délégués de classe, foyer socio culturel de l’école, budget participatif de l’école selon les besoins des élèves,…). L’école devrait être, pour répondre à sa mission, une communauté d’apprentissage constitué de groupes d’élèves, d’enseignants qui partagent le savoir et le pouvoir. L’école doit rendre l’enfant ou l’adulte apte à participer à la vie démocratique, en exerçant ses droits et en assumant ses responsabilités. C’est à l’école où -l’enfant commence à faire l’apprentissage de la vie avec ses camarades, à se respecter, à respecter l’autre, à élaborer des règles et à les respecter; à assumer ses responsabilités -Tout petit il regarde les autres faire, agit, imite les bons comportements et c’est là où l’exemplarité dans l’éducation revêt tout son sens. Il ne suffit plus d’apprendre à bien lire, bien écrire et bien compter, l’apprenant doit aussi apprendre à être, à faire et à vivre ensemble. C’est à l’école où le jeune doit apprendre à participer.
Abordant le second point de sa présentation concernant l’apprentissage de la démocratie à l’école, nous noterons qu’à l’école apprendre à participer, c’est :
-Apprendre à déléguer à représenter
-Participer à la construction de la règle
-Découvrir le bien fondé d’une loi, critiquer les raisons au besoin et à utiliser les moyens de la modifier
-Apprendre à reconnaitre les procédures démocratiques y compris celles qui permettent de les modifier
-Développer les compétences d’expression d’un point de vue mais aussi d’argumentation pour convaincre les autres
-Savoir vivre et travailler ensemble (-Savoir reconnaître et accepter les différences)
-Résoudre pacifiquement les conflits
-Participer au fonctionnement de l’école
-Participer à l’élaboration de la charte de classe et de l’école
-Participer à des projets d’entraide et de solidarité en faveur des enfants en situation difficile
-Défendre et promouvoir les valeurs démocratiques et les droits de l’homme à l’intérieur de l’établissement scolaire comme dans la société en général,
-Respecter le bien collectif-
-Participer activement au fonctionnement des institutions démocratiques,
Pour que les enfants s’approprient ces concepts des outils sont développés dans les écoles pour aider l’instituteur à accompagner les enfants dans le processus de participation. Nous pouvons citer :
- Les élections des délégués de classe (apprendre à décider ensemble, permettre aux élèves de participer à des décisions qui concernent leur vie à l’école, des structures mises en place à l’école comme le conseil d’élèves, conseil de coopération, gouvernement scolaire, coopérative scolaire, et les clubs de droits humains, de protection de l’environnement …. )
- La construction de la règle ou la charte de l’école ou de classe (différente du règlement intérieur). A l’école vivent des personnes de statut différents, élèves, enseignants, membres de l’administration, avec des cultures différentes d’où la nécessité de s’entendre, d’harmoniser les comportements individuels et les comportements collectifs, la nécessité d’élaborer des règles…)
- Les clubs (La citoyenneté doit se vivre en classe et dans les autres structures comme le foyer socio éducatif et ses démembrements que sont les clubs. Dans les clubs par exemple, les membres apprennent à prendre la parole, à défendre leurs idées, à élire, à être élu, à contrôler les élus (demander des PV, vérifier les comptes, les élus apprennent à mettre en œuvre une bonne gouvernance des ressources humaines et matérielles, à prendre des décisions de façon démocratique , à appliquer la transparence dans tout ce qu’ils font( à bien informer , à lutter contre la corruption, à mettre en œuvre la non discrimination, à rendre compte etc. )
- le conseil de coopération (assemblée de classe dans les écoles primaires: se réunit une fois tous les 15 jours avec un OJ, un président, un SG sur des questions de l’école. C’est un lieu d’apprentissage de la citoyenneté démocratique. La citoyenneté est un long apprentissage, elle repose sur la notion d’état de droit et le conseil permet d’expérimenter cet état de droit. Le conseil vise à susciter l’esprit d’entraide, de coopération de démocratie entre les membres, donner la parole aux enfants à propos de ce qu’ils vivent en classe, gérer les conflits.
- -le gouvernement scolaire (C’est un outil permettant de promouvoir la participation des enfants, de faire progresser, l’éducation de qualité et d’améliorer la vie de l’école et de la communauté. Avec un accompagnement discret de la part des adultes et par l’intermédiaire de jeux de rôles, les élèves s’organisent en ministères prennent des décisions, agissent et se considèrent responsables, Cette participation à un gouvernement leur permet de découvrir leurs droits et les responsabilités liées à la citoyenneté, d’acquérir des compétences en matière de résolution de problèmes et de communication, leur donne les chances de faire l’expérience d’un environnement marqué par l’esprit d’équipe et dans lequel, les filles et les garçons sont traités sur un pied d’égalité. -la démocratie, la paix, la justice sociale et l’égalité entre les sexes,
- Apprennent à exercer leur liberté d’expression et deviennent des véritables décideurs.
- Le conseil de gestion
- Procédures et structures de résolution des conflits……..
Cependant malgré ces outils développés par l’école nous notons des dysfonctionnements à caractère discriminatoire sur certaines couches d’élèves (handicapés, déficients mentaux,…) qui sont défavorisées dans leur intégration dans le système scolaire n’est pas effective. Ceci Malgré la ratification par le Sénégal de différents traités et instruments normatifs et l’adoption d’une loi portant sur l’obligation scolaire, des milliers d’enfants vivant avec un handicap ou porteurs d’une déficience avérée, ou encore ayant des difficultés d’apprentissage sont en marge du système éducatif.

j. Le café des droits l’enfant

Thème : « Les enfants et les médias »

Cette activité visait à donner la parole à tous les participants de manière assez informelle autour d’un café. Ainsi chacun a pu donner son avis sur le sujet. Ceci a été d’autant plus instructif que beaucoup ont abordé le thème par des exemples concrets ou des expériences vécues dans la vie quotidienne. (CF. vidéo).

Recommandations

Le RAPPECAN réitère ses remerciements à la Fondation Rosa Luxemburg pour son appui financier et logistique.
L’université du Printemps a réuni des jeunes engagés dans la promotion des droits de l’enfant. Une ambiance fraternelle et engagée a été notée durant tout le temps des travaux. Les travaux se sont prolongés jusqu’à deux heures du matin certains jours. Nous avons aussi noté l’ouverture des participants qui ont initié des débats informels dans les chambres sur leurs expériences dans leurs organisations. Ce qui a participé grandement à la richesse des travaux de l’Université.
L’Université était l’occasion de renforcer les capacités des participants sur certaines thématiques ayant trait à la participation des enfants tant dans les organisations, dans les médias qu’à l’école.
En guise de recommandation générale nous les listons comme suit :
Aux participants :
• Mettre en place un cadre de partage d’expérience et de promotion de la participation des enfants ;
• Initier des sensibilisations à l’endroit de leur organisation pour une promotion de la participation des enfants dans la conception, la réalisation et l’évaluation des programmes les concernant.
Etat :
• Réactualisation du cadre réglementaire des associations pour les mettre en phase avec les conventions et traités ratifiées (CDE, CADH,…).
UNICEF :
• Appuyer l’Etat et les collectivités locales, établissements scolaires à la mise en place de cadre de participation des enfants (Conseils locales, régional et national des enfants ; …) ;
• Appuyer les organisations de la société au renforcement des capacités des encadreurs à la promotion de la participation des enfants ;
• Appuyer à la mise en place d’un cadre d’initiation des enfants à la production et de diffusion d’informations par et pour les enfants ;
• Formation des hommes de média au traitement de l’information concernant les enfants.

Fondation Rosa Luxemburg
• Institutionnaliser le partenariat sur la base d’une convention de partenariat ;
• Appui à l’organisation annuel d’Universités thématiques de formation des jeunes acteurs de la société civile et l’ouverture des participants aux organisations installé dans les pays de la sous région ayant des représentants de la Fondation Rosa Luxemburg (Guinée, Mali, Ghana, Nigéria, Burkina Faso) ;
• Appui à l’organisation d’une Université pour les Enfants.

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